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Protocole de paix Iran-Etats-Unis : les sujets explosifs d'un "accord" à l'issue incertaine
information fournie par Boursorama avec Media Services 15/06/2026 à 07:56

Washington et Téhéran ont annoncé être parvenus à un accord mettant fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. Si Donald Trump vante un "deal" rouvrant les vannes d'un pétrole prêt à "couler", la réalité est plus nuancée.

Un cargo, dans le détroit d'Ormuz, en février 2025 (illustration) ( AFP / GIUSEPPE CACACE )

Un cargo, dans le détroit d'Ormuz, en février 2025 (illustration) ( AFP / GIUSEPPE CACACE )

L'Iran et les Etats-Unis ont annoncé un protocole d'accord pour mettre fin à près de quatre mois de conflit, ce qui ouvre la voie à des pourparlers plus techniques sur les questions qui fâchent.

Ce protocole sera signé vendredi à Genève. Selon Téhéran, des négociations débuteront dans un délai de 60 jours en vue de parvenir à un accord définitif. Quatre sujets de discussion seront sur la table: la levée des sanctions contre l'Iran, la question du nucléaire, la "reconstruction" du pays, et "la mise en place d'un mécanisme de suivi" des engagements pris. Ces thèmes sont depuis des décennies source de tensions et d'hostilité entre Washington et Téhéran.

Nucléaire

Israël et les Etats-Unis accusent l'Iran de poser une menace nucléaire, justifiant ainsi leur attaque du pays le 28 février.

Téhéran revendique son droit à enrichir de l'uranium à des fins civiles, mais se défend de vouloir se doter de l'arme atomique. Le président américain, qui a longtemps prôné le "zéro enrichissement", ligne rouge pour l'Iran, a affirmé samedi que les Iraniens "ne voulaient plus d'arme nucléaire".

En juin 2025 lors de la guerre des 12 jours déclenchée par une attaque israélienne contre l'Iran, les Etats-Unis avaient bombardé trois sites à Fordo, Natanz et Ispahan, Donald Trump se prévalant alors d'avoir "anéanti" le programme nucléaire du pays.

L'étendue exacte des dégâts n'est pas connue et l'Iran brandit des questions de sécurité pour refuser l'accès aux sites. Une grande incertitude entoure depuis le sort des réserves de plus de 400 kg d'uranium hautement enrichi que possède l'Iran. Elles ont été vues pour la dernière fois le 10 juin 2025 par les inspecteurs de l'AIEA, le gendarme onusien du nucléaire.

Donald Trump a affirmé samedi que les Américains iraient "quand tout sera calme (...) récupérer la poussière nucléaire" afin de la diluer et la détruire "en Iran ou aux Etats-Unis", a-t-il précisé.

L'Iran a préconisé, sous conditions, de diluer sur place ces stocks.

Détroit d'Ormuz : "Que le pétrole coule", clame Trump

Depuis le début de la guerre, l'Iran bloque cette voie maritime cruciale par laquelle transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

"J'autorise pleinement la réouverture du détroit d'Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!" s'est félicité dimanche soir le président américain Donald Trump.

Infographie montrant comment des drones commandés à distance depuis un vaisseau-mère peuvent localiser et détruire des mines navales ( AFP / Paz PIZARRO )

Infographie montrant comment des drones commandés à distance depuis un vaisseau-mère peuvent localiser et détruire des mines navales ( AFP / Paz PIZARRO )

Selon lui, cette réouverture interviendra "dès la signature de l'accord vendredi, afin de permettre le déminage". L'Iran, qui considère le détroit comme "un des principaux instruments de (sa) dissuasion" depuis la guerre, n'a pas communiqué à ce sujet dans l'immédiat après l'annonce de l'accord.

De son côté, Emmanuel Macron a déclaré que la mission maritime internationale mise en place par la France et le Royaume-uni était "prête à accompagner" la réouverture du détroit. La France et le Royaume-Uni ont proposé, avec d'autres pays, une mission internationale de déminage et sécurisation de ce passage stratégique à déployer après la conclusion d'un accord entre les Etats-Unis et l'Iran. Cette option sera sur la table du sommet du G7 qui s'ouvre lundi à Evian.

Missiles

L'Iran a tiré durant la guerre des centaines de missiles et des milliers de drones sur Israël, les pays du Golfe et les bases américaines du Moyen-Orient en représailles à l'attaque de son territoire.

Ces missiles, conçus initialement par l'Iran pour compenser la faiblesse de sa flotte aérienne durant la guerre contre l'Irak (1980-1988), n'ont depuis cessé de gagner en portée et précision.

Israël, à environ 1.500 kilomètres de l'Iran, voit de longue date dans cet arsenal une menace existentielle de la part de son ennemi juré. Avant la guerre, les Etats-Unis avaient tenté d'imposer le programme balistique comme autre sujet des pourparlers. En vain, Téhéran refuse toute discussion sur sa dissuasion.

Avoirs bloqués

L'Iran fait l'objet depuis des décennies de sanctions américaines qui pénalisent son économie et les transactions internationales. Le pays a en outre vu ses avoirs à l'étranger gelés dans la foulée de la Révolution islamique en 1979.

En l'absence de chiffres officiels, les médias locaux ont estimé récemment ces avoirs à entre 100 et 123 milliards de dollars. L'Iran avait conditionné tout accord avec les Etats-Unis au déblocage d'une partie de ces avoirs.

L'agence de presse iranienne Mehr a rapporté lundi un texte, présenté comme étant le protocole d'accord en 14 points entre l'Iran et les Etats-Unis, dont une clause prévoit immédiatement le versement de 12 milliards de dollars d'avoirs gelés. Le document publié par Mehr prévoit "le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés au cours de la période de négociation de 60 jours" qui s'ouvre après la conclusion du protocole d'accord. "La moitié de cette somme doit être mise à la disposition de l'Iran avant le début des négociations", précise le texte, qui n'a pas été confirmé officiellement.

Dans un communiqué conjoint, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Italie se sont déclarés lundi "disposés à lever les sanctions pertinentes en réponse à des mesures claires et vérifiables de la part de l'Iran concernant son programme nucléaire".

3 commentaires

  • 11:57

    Trump est dans le mensonge permanent. Il n'y a que les Magas décervelés pour boire sa parole comme parole d'évangile. Nous sommes dans la post-vérité. Il n'a rien gagné par rapport à l'état d'avant cette guerre. Pourtant il va clamer partout qu'il a gagné. C'est la défaite joyeuse. Un mensonge répété plusieurs fois et diffusé par la Pravda Trumpienne ( Truth Social) devient vérité. C'est magique , non?


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